Littérature


Introduction

La littérature japonaise est l'une des plus riches du monde, tant par le nombre des œuvres que par le développement des recherches esthétiques, remarquable dans le raffinement de certains genres originaux. Son évolution reflète le développement historique du pays ; issue du folklore, elle se perfectionne en devenant privilège d'une aristocratie, pour finalement atteindre le peuple par le théâtre et le roman, polariser les émotions et les sentiments nationaux, et diffuser les idées sociales, ainsi que, à partir de l'ère meiji, les idées occidentales. Elle a pour idéal la recherche de la perception direct et la simplification des discours.


Les premières poésies ont été recueillies dans les compilations semi historiques du VIIIe s. (Kojiki, Nihongi) et voisinent avec des poèmes plus récents dans une anthologie : le Manyoshu.

Les formes de la poésie sont déjà fixées : vers alternés de cinq et sept syllabes, non rimés
(nagauta, tanka de 5-7-5-7-7, haïku de 5-7-5).

Les lettrés s'adonnent aux lettres chinoises, tandis que se sont les dames de la Cour qui, les premières, vont illustrer la langue japonaise, à l'époque classique de Heian (794-1186), dans deux genres désormais célèbres : le nikki (journal privé) et le monogatari (récit romancé).
Le genji monogatari de Murasaki Shikibu et Makura-no-sõshi, de sa rivale Sei Shõnagon, constituent deux chefs d'œuvres de la littérature mondiale.

Les épopées guerrières, ou gunki (Heike monogatari, Taiheiki), vont alors fournir d'innombrables sujets au théâtre : d'abord au nõ, qui prend naissance à l'époque de Muromachi, et surtout plus tard au bunraku (théâtre de marionnettes) et au kabuki. Zeami (1363-1443), auteur de nombreux nõ, expose sa doctrine esthétique dans le Xadenshõ.

A partir du XVIIe s., la littérature ne s'interdit aucun sujet. Les romans d'Ihara (1641-1693), peintre vif, observateur perspicace des mœurs de son temps, s'affirment à coté des romans fleuves de Kyokutei Bakin (1767-1848) et des burlesques de Jippensha Ikku (1765-1831). Le décor est souvent pris dans les quartiers de plaisir, et les héros sont bourgeois ou soldats.

Le maître de la poésie est Matsuo Bashõ (1643-1694), fondateur d'une école originale de Haïku.
La querelle qui met aux prises les wagakusha, c'est-à-dire les partisans d'une renaissance de la culture proprement japonaise, et les kangakusha, fidèles, eux, aux études chinoises, querelle qui s'est poursuivie depuis 1670, tourne à l'avantage des premiers avec Motoori Norinaga (1703-1801), dont les travaux, et ceux de ses émules, contribuèrent à préparer la chute du shõgunat.

La langue écrite et la langue parlée sont unifiées, en principe, dés 1878, et Futabatei Shimei publie en 1887 le premier roman en langue moderne : " Ukigumo ". Mais le mouvement de littérature moderne, conduit par Tsubouchi Shõyõ, ne se développe qu'après la guerre russo-japonaise.

Dans la période de " mêlée des écoles " (1908-1930), le roman est l'arme préférée des écrivains, aussi bien que le genre préféré des lecteurs. Après la fondation du cercle Shirakaba (le bouleau blanc) par Mushanokoji Saneatsu, et du cercle Richi (intellectualisme), une nuance d'idéalisme vient modérer le réalisme des grands écrivains contemporains, Tanizaki Junichiro, Nagai Kafu et Shiga Naoya.

La littérature Japonaise est un art à part entier, un terrible tourment dont on peut aisément abuser.

 

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