|
Musique |
|
|
Nous ne savons rien de la musique japonaise avant le VIIIe siècle : si le Kojiki et le Nihonshoki, chroniques rédigées au VIIIe S., relatent sa haute antiquité, ils ne donnent aucune précision digne de foi. Le kume-uta, toujours en usage à la cour impériale, n'a sans doute qu'un rapport lointain avec le chant de triomphe qu'aurait composé l'empereur Jimmu Tennõ (660-585 av. J.C.) : un orchestre composé des plus anciens instruments connus au Japon accompagne une danse guerrière exécutée avec de longs sabres.
• A l'époque dite " de Nara " (710 à 794), le pays se transforma avec une étonnante rapidité.
Importée par des Coréens et des Chinois, une nouvelle civilisation apparaît, imprégnée de bouddhisme, religion qui jouera une rôle prépondérant dans l'élaboration d'une musique authentiquement nippone.
Les chants et la psalmodie bouddhique (shõmyõ) exercèrent leur influence sur l'art vocal, particulièrement important dans la musique japonaise. Des instruments d'origine chinoise devinrent, après quelques transformations, des instruments japonais : le shõ, les hichiriki, les fue, les biwa, les koto, le taiko, le shoko, les tsuzumi, et sans doute le kugo formèrent un ensemble orchestral appelé gagaku, auquel fut incorporée la musique de Compa (Indochine) appelée rinyu-hachikagu.• En 794, avec l'établissement de l'empereur à Kyoto, commence l'époque dite " de Heian ", qui s'étend jusqu'au milieu du XIIe siècle.
Les prêtres pullulent avec les nouvelles sectes Shingon et Tendai et sont les initiateurs de l'art vocal : ils le pratiquent dans toutes les cérémonies et détiennent les secrets des méthodes instrumentales.
Les textes des hymnes chinoises sont traduits en japonais. A toutes les poésies qui fleurissent en cette époque de raffinement suprême, la biwa sert d'accompagnement, équivalent de luth en Europe du XVe au XVIIe siècles.
Fait curieux, les chants paysans sont inclus dans la musique de cour.• Au XIIIe siècle, à l'époque de la féodalité " dite de Kamakura ", de nombreux samurai ruinés, devenus moines errants (komuso) s'approprièrent l'usage d'une sorte de clarinette aux sonorités vacillantes, le shakuhachi, qui est encore aujourd'hui l'instrument préféré des japonais. Sa vogue n'atteint toutefois pas celle de la guitare appelé shamisen, qui vint au XVIe s., des îles Loochoo (auj. Ryu Kyu).
• Pendant deux siècles, jusqu'à l'ère Meiji (1868), le Japon vécut replié sur lui-même.
La musique spécifiquement japonaise se fige, mais se répand dans toutes les classes de la société : ainsi, au théâtre, alors qu'aux XVE s. et XVIe s. les Nõ s'adressaient aux seuls lettrés, au XVIIe s. le théâtre de marionnettes d'Osaka et, à Tokyo, le fameux théâtre Kabuki, où la musique joue un rôle essentiel, sont fréquentés par toutes les classes de la société.Ainsi au théâtre, entre le XVe et XVIe s,. le théâtre des marionnettes d'Osaka et le fameux théâtre Kabuki de Tokyo, ou la musique joue un rôle essentiel, sont fréquentés par toute les classes de la société. Malgré les emprunts faits par ses musiciens, l'originalité des instruments et de la musique apparaît telle au Japon qu'on ne peut les confondre avec ceux d'aucun autre pays. Le respect des traditions, l'esprit conservateur des Japonais ont pour conséquence la survivance des moyens d'expressions qu'ils ne se sont choisis au cours des siècles : gagaku et nõ s'interprètent de la même manière depuis les XIIe et XVe s. jusqu'à la fin du IXe siècle, fixité qui est l'un des traits caractéristiques de la musique nippone. Après s'être introduit en Asie, le Japon tire maintenant ses enseignements de l'art occidental, s'efforçant d'assimiler les techniques européennes. On sait que les Japonais connurent, au XVIe s. les clavecins, les luths et les violes et chantèrent aussi quelques cantiques catholiques apportés par les missionnaires. Ils parvinrent graduellement à comprendre nos compositeurs, nos instruments, à pénétrer notre science harmonique : seuls, chez eux, les rythmes, et par conséquent les instruments de percussions obéissent à des règles strictes.
La transformation de la musique japonaise commença par l'imitation de nos musiques militaires : William Fenton et Charles Leroux furent chargés d'apprendre des sonneries et des pas redoublés à l'armée nippone ; Mason, musicien américain, apprit aux enfants des écoles à chanter des chansons américaines avec paroles japonaises, qui font aujourd'hui, partie du folklore japonais.
Par la souplesse de son génie et sa facilité d'assimilation, le Japon est l'intermédiaire entre la musique la plus ancienne de l'Asie et la musique la plus moderne de l'occident.